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Coronavirus : le point de vue des professionnels de l’immobilier

Depuis plusieurs jours, les professionnels du secteur de l’immobilier expriment l’un après l’autre leurs inquiétudes face aux conséquences d’une crise sanitaire de grande ampleur qui ne semble épargner aucun pays. Agences, notaires, professionnels du courtage en crédit immobilier… Petit échantillon des réactions suscitées par ce contexte exceptionnel !

 

L’immobilier haut de gamme moins impacté par la crise ?

Interviewé par Le Point, Thibault de Saint-Vincent, président du groupe Barnes, prédit une crise immobilière « plus grave qu’en 2008 ». Centrée sur l’immobilier de luxe, l’activité du groupe a déjà diminué de 60 %, avec une perte de 30 % du chiffre d’affaires constatée.

Interrogé sur son sentiment à l’égard de la crise que traverse son secteur, Thibault de Saint-Vincent prédit une « probable paralysie quasi totale de l’activité pendant plusieurs mois », mais souligne toutefois que le soutien de l’État et des banques devrait « diminuer l’impact de ce séisme. » Un soutien qu’il considère « plutôt rassurant » à ses yeux.

Quant au comportement des prix de l’immobilier, le président de Barnes se montre plutôt confiant : « L’immobilier haut de gamme devrait mieux s’en sortir que la Bourse ». Selon lui, tout comme l’or, l’immobilier de standing représente une valeur sûre en temps de crise… À condition que la période de confinent ne s’étende pas trop longtemps ! 

 

Recrudescence des rétractations chez les notaires

De son côté, Jean-François Humbert, président du Conseil supérieur du notariat (CSN) pense que la crise sera comparable à celle de 2012-2013, si ce n’est bien pire. 

Interrogé par le Parisien, il indique que l’activité de ses collaborateurs se poursuit, malgré une baisse importante du nombre d’actes réalisés chaque jour, notamment en raison de la fermeture au public des offices notariaux.

Étant donné le contexte singulier que traverse la profession et le ralentissement de l’activité des banques, le président du CSN constate par ailleurs une multiplication des rétractations dans les avant-contrats et les promesses de vente.

Enfin, il s’attend à une baisse inévitable des transactions, qui devrait toutefois être « réduite grâce au maintien de taux d’intérêt bas », si et seulement si la crise ne s’éternise pas. Si cette dernière dure deux mois, on pourrait assister, selon ses propres dires, à une « vraie catastrophe »…

 

Une fracture annoncée entre ménages modestes et hauts revenus

Pour Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers (IMSI), le recul des transactions va nécessairement impacter le prix de vente des biens. Dans une tribune publiée sur le site Capital, il exprime son point de vue à sujet.

En préambule, il rappelle que le secteur immobilier représente à lui seul 15 % du PIB, 2 millions d’emplois directs et 500 000 emplois indirects. Selon lui, le secteur va se recentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire l’achat et la location de biens, qui constituent des besoins indispensables. Par contre, l’achat des résidences secondaires, les achats de confort et les investissements locatifs pourront être différés. 

Au sujet des recommandations du Haut comité pour la stabilité financière, et contre toute attente, Henry Buzy-Cazaux pense qu’elles continueront à être appliquées : « la crise va affecter les banques et dégrader leurs produits nets, leur enjoignant l’orthodoxie de gestion des risques et des encours ».

Enfin, le président de l’IMSI craint une fracture forte entre les habitants des zones rurales et villes moyennes, « momentanément plus éprouvés par le ralentissement économique », d’un côté ; et de l’autre, les acquéreurs aux revenus supérieurs, disposant d’une épargne en valeurs mobilières, qui devront tout de même faire face à un « sentiment d’appauvrissement ».

 

Des mesures d’urgence pour limiter l’impact de la crise

Interviewé par le site Le Revenu, Ludovic Huzieux, cofondateur du réseau Artémis courtage et administrateur de l’Association professionnelle des intermédiaires en crédit (APIC) voudrait pour sa part des mesures d’urgence en faveur du courtage en crédit.

Il souhaiterait notamment avoir la possibilité de boucler les dossiers en cours à distance, « à condition de trouver un notaire qui rédige la promesse de vente ou l’acte authentique de vente avec signature à distance ». Mais aussi permettre aux détenteurs de prêts de suspendre ou de reporter leurs échéances, à l’image de ce qui a lieu en Italie.

Enfin, il considère que le durcissement des conditions d’octroi n’a plus de sens en cette période de crise, et espère que les établissements bancaires se montreront plus tolérants en sortie de crise, car il constate que les recommandations des autorités ont déjà « fortement réduit l’accès au crédit des ménages modestes et des investisseurs locatifs ». L’administrateur de l’APIC pense que les banques doivent aussi revoir leurs critères d’octroi, notamment en ce qui concerne les foyers « qui font de l’investissement locatif en continuant de rembourser l’achat de leur résidence principale », et qui peuvent parfois présenter un taux d’endettement supérieur à 33 %.

Pour ce qui est de l’activité professionnelle du courtage en crédit immobilier, qui a bien diminué comme dans de nombreux secteurs, Ludovic Huzieux indique qu’il est toujours possible de demander des simulations, mais que la réalisation des projets se heurte au gel des visites de biens immobiliers ; un problème épineux face auquel les agences tentent tant bien mal de s’adapter.

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Fabrice Houlé

Entrepreneur,
agent immobilier de terrain,
commerçant et formateur.
 
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